Alors que je n’avais que 10 ans avec dès ma naissance une malformation sévère de l’appareil urinaire, ma maladie rénale prenait une tournure compliquée avec mes débuts en dialyse en janvier 1978. Le positif dans cette tourmente de la vie du gamin que j’étais, c’est la rencontre d’un grand humaniste qui, au fil des années, est devenu également mon « Mentor », le professeur Jean-Michel Dubernard. Nous avions lié alors, depuis de nombreuses années, une réelle complicité et confiance. Puis, depuis le décès de mon papa en 2005, cette complicité s’était renforcée.

Professeur Jean-Michel Dubernard quelle est votre motivation pendant toutes ces années d’activités intenses ?
« Ma seule motivation, c’est de faire avancer la médecine. Je le fais pour mes malades et cette dernière est venue très tôt. Je n’avais alors qu’à peine 11 ans quand j’ai eu la vocation de faire de la médecine. C’est après mon opération de l’appendicite et l’annonce de la première transplantation de rein que j’ai eu ce déclic. Fils d’une pharmacienne et d’un médecin du Rhône, j’ai fait mes études de médecine à Lyon. Après un stage de trois ans à la Harvard Medical School de Boston auprès du chirurgien Joseph Murray, auteur de la première transplantation de rein réussie, j’ai alors décidé que ma vocation serait orientée vers la technique de transplantation. J’ai toujours gardé cette optique, même lorsque j’ai décidé de faire de la politique avec l’ambition de continuer de faire avancer la médecine. »

Qu’elles sont les étapes qui ont le plus marqué votre carrière ?
« Elles sont assez nombreuses, puisque chaque opération est une étape importante pour moi. Mais les principales restent surtout ‘’les premières’’. J’ai effectué la première greffe européenne du pancréas en 1976 et par la suite, j’ai réalisé la première greffe au monde d’une main en 1998. J’ai également réalisé la première greffe bilatérale mains et avant-bras en 2000 puis une première greffe du visage en 2005. Tous ces moments étaient magiques pour moi, mes équipes et bien entendu pour les malades. »

Tout le monde vous appelle Max. pourquoi un tel surnom ?
« Déjà enfant, j’avais envie d’aller au maximum de mes possibilités. Cela est resté dans les couloirs de l’hôpital et ailleurs, c’est devenu assez courant. Cela m’a toujours fait sourire, mais je crois que cela me correspond assez… »

Alors « Max », pourquoi m’avoir toujours soutenu dans mes actions ?
« Tout au long de ta vie Rémi, tu as fait preuve d’un courage exceptionnel et de volonté malgré tes 22 années de dialyse à raison de trois séances par semaine. Tu as ainsi pu suivre des études t’ayant conduit à un diplôme d’Ecole de journalisme, de communication et de marketing. Tu as par la suite créé une revue Internet en janvier 2000 avec la société RDM EDITIONS que tu as toujours gérée avec beaucoup d’enthousiasme, de bonne humeur et de professionnalisme. »

C’est un témoignage a posteriori, avec tout le respect et l’affection que j’avais pour « Max ». Le « Maximum », c’est ce qui restera et doit rester de lui toujours à la quête du meilleur pour les patients. Infatigable jusqu’à son dernier souffle, le professeur Jean-Michel Dubernard aura donné sa vie à l’hôpital et au monde médical en général. Chirurgien pionnier des greffes, il a succombé à un malaise le 10 juillet 2021 à l’âge 80 ans. Terriblement déçu que la mairie de Lyon ne rende pas hommage à un homme qui a sauvé tant de vie. Une grande tristesse pour les patients et l’ensemble du corps médical, une ville pour laquelle il a tellement apporté !

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Propos rédigés par :

Rémi Reibel

Journaliste – Rédacteur – Auteur